La rentrée scolaire approche… et chez certains enfants, elle ne provoque pas seulement de l’impatience.
Un petit ventre noué au moment d’en parler.
Des questions qui reviennent encore et encore.
Un « Je veux pas aller à l’école » qui apparaît au détour d’une conversation.
Parfois même des pleurs, des difficultés à s’endormir ou une envie de rester près de papa ou maman.
Entre 3 et 7 ans, une rentrée peut représenter beaucoup de nouveautés à la fois : un nouvel environnement, de nouvelles personnes, de nouvelles habitudes… et surtout, une séparation avec les parents.
Avoir peur ou être inquiet face à cette nouveauté est donc loin d’être inhabituel.
En tant que parent, notre premier réflexe est souvent de vouloir rassurer immédiatement. Et c’est bien normal : quand notre enfant est inquiet, nous avons envie de faire disparaître cette émotion au plus vite.
Pourtant, certaines petites phrases, prononcées avec les meilleures intentions du monde, peuvent parfois avoir l’effet inverse.
Voici 3 erreurs fréquentes à éviter lorsque votre enfant appréhende la rentrée scolaire, et surtout ce que vous pouvez faire à la place.
1. « Mais non, tu n’as aucune raison d’avoir peur ! »
Pourquoi cette réaction peut être difficile pour l’enfant
Lorsqu’un enfant dit qu’il a peur de l’école, le parent cherche naturellement à le rassurer :
« Mais tu vas voir, ça va être super ! »
« Tu connais déjà l’école. »
« Il n’y a vraiment aucune raison d’avoir peur. »
Le problème n’est pas la volonté de rassurer.
C’est que l’enfant peut entendre autre chose :
« Ce que je ressens n’est pas important. »
À cet âge, un enfant ne possède pas encore toutes les capacités nécessaires pour comprendre et réguler seul ses émotions. Une inquiétude qui nous paraît petite peut donc prendre énormément de place pour lui.
Que faire à la place ?
Commencez simplement par accueillir ce qu’il ressent.
Vous pouvez dire :
« Tu as un peu peur de retourner à l’école ? »
ou :
« Je vois que cette rentrée te fait un peu d’inquiétude. »
Puis laissez-lui le temps de répondre.
Vous n’avez pas besoin de faire disparaître immédiatement sa peur.
Votre présence, votre écoute et le fait de lui montrer que son émotion peut être accueillie sont déjà rassurants.
Et vous pouvez ensuite lui apporter progressivement des repères :
« Tu sais, tu ne vas pas devoir tout connaître dès le premier jour. Tu vas découvrir petit à petit. »
L’objectif n’est pas de convaincre votre enfant qu’il ne doit pas avoir peur.
C’est de lui montrer qu’il peut traverser cette émotion avec vous.
2. Vouloir absolument cacher son propre stress
La rentrée peut aussi réveiller beaucoup de choses chez les parents.
Est-ce qu’il va réussir à s’adapter ?
Est-ce qu’il va se faire des copains ?
Comment va-t-il vivre la séparation ?
Est-ce que la maîtresse sera bienveillante ?
Et lorsque notre enfant est inquiet, il est parfois difficile de ne pas transmettre nous-mêmes cette inquiétude.
Pourquoi cela peut jouer sur l’enfant
Les jeunes enfants sont très attentifs aux adultes qui les entourent.
Ils observent notre ton de voix, nos hésitations, notre façon de parler de l’école… et peuvent parfois percevoir que nous sommes nous-mêmes préoccupés.
Cela ne signifie évidemment pas qu’un parent inquiet va automatiquement rendre son enfant inquiet.
Vous avez parfaitement le droit d’avoir vos propres émotions.
L’important est plutôt de donner à votre enfant un repère rassurant.
Que faire à la place ?
Vous pouvez reconnaître vos propres émotions tout en montrant que vous avez confiance dans votre enfant.
Par exemple :
« Moi aussi, je me demande comment va se passer cette rentrée. C’est une grande étape. Mais je sais que tu vas découvrir les choses petit à petit, et que les adultes seront là pour t’accompagner. »
Cette posture est beaucoup plus réaliste que de chercher à paraître parfaitement serein.
Votre enfant n’a pas besoin d’un parent qui ne ressent jamais d’inquiétude.
Il a besoin d’un adulte qui lui montre que l’on peut ressentir une émotion tout en continuant à avancer.
3. Laisser flou le moment des retrouvailles
Pour un adulte, dire :
« Je viendrai te chercher tout à l’heure »
semble parfaitement clair.
Pour un enfant de 3 ou 4 ans, beaucoup moins.
La notion du temps est encore en construction et les mots comme « bientôt », « plus tard » ou « tout à l’heure » peuvent rester très abstraits.
Et lorsqu’un enfant ne sait pas exactement ce qui va se passer, il peut avoir besoin de davantage de repères.
Que faire à la place ?
Rendez la journée aussi prévisible que possible.
Vous pouvez lui raconter ce qui va se passer dans l’ordre :
« Tu vas entrer dans ta classe avec ta maîtresse.
Tu vas jouer et faire des activités.
Ensuite, tu vas manger.
Puis il y aura encore des activités.
Et après, je viendrai te chercher. »
Vous pouvez même vous appuyer sur les habitudes de votre enfant :
« Tu te souviens ? Après le repas, il y a le temps calme. Et après le temps calme, on se rapproche du moment où je viens te chercher. »
Ces petits repères permettent à l’enfant de se représenter sa journée.
Et surtout, évitez les promesses que vous n’êtes pas certain de pouvoir tenir.
Une phrase simple et concrète vaut souvent mieux qu’une longue explication.
Et si votre enfant ne veut pas en parler ?
C’est une situation que beaucoup de parents connaissent.
Vous lui demandez :
« Tu as peur de quelque chose pour la rentrée ? »
Et il répond :
« Non. »
Vous essayez autrement :
« Tu as hâte de retourner à l’école ? »
« Je sais pas. »
Puis il retourne jouer.
Cela ne signifie pas forcément qu’il ne ressent rien.
Certains enfants ont simplement besoin d’un autre moyen pour exprimer ce qu’ils vivent.
À cet âge, le jeu, les dessins et les histoires peuvent devenir de véritables supports pour parler des émotions.
Un enfant peut parfois reconnaître plus facilement son propre ressenti chez un personnage que lorsqu’on lui pose directement une question.
« Regarde, ce petit dragon a l’air inquiet avant d’aller à l’école… Tu crois qu’il a peur de quoi ? »
Et soudain, la discussion devient beaucoup plus facile.
💛 Votre enfant n’arrive pas à vous dire ce qui l’inquiète ?
Vous n’avez pas forcément besoin de lui poser davantage de questions.
Une histoire peut parfois l’aider à mettre des mots sur ce qu’il ressent, sans avoir l’impression qu’on lui demande de « parler de ses émotions ».
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💛 Une rentrée ne se passe pas forcément sans peur
Votre enfant peut être enthousiaste le matin et pleurer au moment de vous quitter.
Il peut avoir très envie d’aller à l’école et vous dire qu’il ne veut finalement plus y retourner.
Il peut sembler parfaitement à l’aise le premier jour puis manifester ses émotions quelques jours plus tard.
Tout cela peut faire partie de son adaptation.
Chaque enfant avance à son propre rythme.
Votre rôle n’est pas de faire en sorte qu’il n’ait jamais peur.
Votre rôle est de lui offrir suffisamment de sécurité pour qu’il puisse peu à peu découvrir qu’il est capable de faire face à ce qui est nouveau.
Et parfois, une petite histoire, un personnage attachant et quelques minutes passées ensemble suffisent à ouvrir une jolie porte vers ce qu’il ressent.
Bonne rentrée, petit cœur. 💛
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